On ne croyait pas si bien dire quand on a dit lors des périodes "balance ton porc" que le concept était un mal nécessaire dans la mesure où il libérait les paroles, que la peur changeait de camp, qu'il allait convaincre et aider les victimes à saisir la justice, à sortir de leur silence et de leur terreur, mais qu'en même temps, il allait apporter son lot de délations, de coups bas et de ignominies.

Chaque cas étalé sur la place publique appelle à la vigilance. Et d'ailleurs, l'épisode "balance ton porc" ne devrait jamais s'étaler dans le temps, dans la mesure où la règle devrait toujours être la saisine de la justice et rien d'autres. En effet, la justice appelle à de vraies enquêtes, supposent de l'écoute, apporte un cadrage clair et transparent, quant à l'évocation sur la place publique, çà donne d'emblée place aux jugements de toute sorte, celui des réseaux sociaux, celui des médias, celui de citoyens lambdas qui n'ont pas entre leurs mains les vrais éléments de l'affaire.

Ce qui arrive à Nicolas Hulot me semble relever de ce deuxième cas. Voilà une rumeur de supposé harcèlement sexuel dans lequel aussi bien le supposé coupable et la supposée victime se prononcent publiquement que l'histoire est créée de toutes pièces. Et voilà une plainte déposée sur un supposé viol classée sans suite il y a des années de cela. Je fais exprès de ne pas entrer dans le concept de la prescription car un dossier classé sans suite évoque plutôt le fond, ce qui me semble essentiel, que la forme.

Ces deux situations pourtant limpides n'ont pas arrêté l'Ebdo qui persiste à publier un article à charge. Quand j'ai écouté Laurent Valdiguié, co-auteur de l'article, hier sur France 5, je n'ai pas du tout trouvé ses arguments convaincants. Quand on lui demande ce qui l'a poussé à publier quand même malgré le démenti de la première supposée victime, et le dossier classé sans suite dans le second cas, il évoque "le côté sombre du numéro 3 du gouvernement", il évoque ce qui a poussé Nicolas Hulot à se porter candidat aux présidentielles. Deux arguments qui me semblent assez légers pour prendre le risque d'accabler quelqu'un et de porter des affaires qui n'en sont sur la place publique !

Personnellement, c'est précisément le genre de journalisme qui me fait vomir, le journalisme qui ne pense qu'au scoop, qu'aux retombées médiatiques, envers et contre tout, quitte à souiller et salir, en piétinant et en accablant de manière volontaire et arbitraire. Au nom de quoi ? De la liberté d'expression ? 

Ben non, au nom de la course au scoop, de la course aux gros sous, aux coups médiatiques ! 

Je suis d'autant plus furieuse car les premières vraies victimes de cette cabale médiatique et de coups tordus de la sorte, c'est les vraies victimes de vrais viols et harcèlements dans la mesure où elles décrédibilisent, du moins amoindrissent, leurs actions et paroles, totalement parasitées par ce genre d'irresponsabilités !

Qu'en pensez-vous ?